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RU 13+14/2013 - DEFECTION INQUIETANTE


MagdiAllam_P__ques2008.jpg  Magdi Allam, Pâques 2005

UNE DEFECTION INQUIETANTE (ru, 10 avril 2013) – On se souvient de ce baptême spectaculaire par Benoît XVI, dans la nuit de Pâques 2008 à la cathédrale de Saint Pierre à Rome. Magdi Allam, musulman, eurodéputé, sous-directeur du quotidien italien Corriere della Sera, célèbre écrivain, devint catholique, en choisissant le nom Cristiano. « Je considère mon baptême de la main du pape comme le don le plus grand que la vie m’ait accordé », déclara-t-il. Et encore, dans une lettre publique à son propre journal, après ce baptême : « Mon esprit a été libéré de l’obscurantisme d’une idéologie qui légitime la ruse, la tromperie et la mort violente, conduisant au meurtre et au suicide, à la soumission aveugle et à la tyrannie ; cela m’a permis d’adhérer à la religion authentique de la Vérité, de la Vie et de la Liberté. » Quelle merveille, quelle joie, ce baptême ! – Mais quelle stupeur en entendant 5 ans plus tard, précisément à Pâques 2013, qu’il quitte l’Eglise.

La raison principale de cette désertion ? « La faiblesse et pusillanimité de l’Eglise face à l’Islam ». Il reproche à l’Eglise « la folie caractérisée et suicidaire » du dialogue interreligieux, surtout avec l’Islam (Il Giornale, 25 mars 2013). Ce qu’il ne comprend plus, c’est que l’Eglise légitime, par son dialogue même, l’Islam comme une vraie religion, Allah comme vrai Dieu, le Coran comme une révélation divine et Mohammed comme un prophète. Comme exemples de ces graves errements de l’Eglise, il rappelle la vénération publique du Coran par le pape Jean-Paul II, mais aussi la prière de Benoît XVI dans la Mosquée Bleue d’Istanbul, voire la déclaration du nouveau pape François disant que « les Musulmans adorent de seul, vivant et miséricordieux Dieu », sans parler du cardinal Schönborn de Vienne qui vient de transférer, selon Allam, un monastère aux Musulmans. Allam

 préconise que, tout en respectant les Musulmans en tant qu’hommes, il faut avoir le courage de dénoncer l’Islam comme « une idéologie intrinsèquement violente » et non pas une religion. Il s’attendait, lors de son baptême, que l’Eglise bannît le Coran, au lieu de le présenter aux fidèles comme une lecture utile voire nécessaire. Aujourd’hui, Magdi Allam dit qu’il continuerait à croire en Jésus, mais plus à l’Eglise…

Quant au nouveau pape François, il faut se rappeler qu’il s’était nettement distancé de Benoît XVI quand celui-ci avait prononcé son discours de Ratisbonne laissant entendre que l’Islam était profondément lié à la violence. Le cardinal Bergoglio avait commenté à l’époque : « L’Islam a eu – et a toujours - un très grand nombre de bonnes choses, et a apporté un très grand nombre de bonnes choses à l’histoire de l’humanité. Ces paroles du pape Benoît XVI sur l’Islam ne me représentent pas. » Que ceux qui ont des oreilles, écoutent !

Revenons à Magdi Allam. Depuis son baptême en 2008, cet homme vit sous protection de la police, car il peut être égorgé à tout moment par n’importe quel Musulman qui veut être fidèle au Coran, et par malheur il y en a des millions.

On peut regretter que Magdi Allam n’ait pas rencontré, avant son baptême, un prêtre de la Tradition, et notamment de la Fraternité Saint Pie X de Mgr Lefèbvre. Il aurait appris que l’obéissance peut très bien prendre la forme de la désobéissance, en choses graves, comme St Ignace de Loyola nous l’a appris. « Dans les choses petites et moyennes, il faut toujours obéir, mais dans les choses très graves il faut seulement obéir si les ordres sont en parfaite conformité avec la volonté de Dieu ». Déjà Saint Thomas d’Aquinas avait enseigné : « La dignité de l’homme, par rapport à toute autre créature, est d’obéir directement à Dieu, et aux hommes seulement si leurs ordres sont conformes à la volonté de Dieu ». Est-ce que cette désobéissance peut se référer aussi aux supérieurs ? « Oui », dit Saint Bonaventure, le commentateur par excellence de Saint Thomas. Même au pape ? « Oui », dit le cardinal Cajetan, celui qui fut l’interlocuteur de l’Eglise face à Luther. Magdi Allan aurait ainsi appris qu’on puisse – et doive – toujours être et rester dans l’Eglise Catholique, tout en s’érigeant avec force contre les graves errements qui peuvent s’y produire à tout moment. La FSSPX est maître dans cet équilibre continuellement à retrouver, chose délicate qui prouve que d’être catholique n’a jamais été chose facile. Entre Luther (et maintenant Magdi Allam) – et les « papolâtres », comme Magdi Allam les appelle, il y a une 3e voie, la vraie manière d’être catholique : le fidèle qui obéit à l’Eglise de façon raisonnée, sachant qu’il n’obéit qu’à Dieu lui-même.

MesseLourdes_FinOct2012.jpg l’abbé Sten Sandmark FSSPX à Lourdes, oct. 2012

Un exemple de véritable conversion à l’Eglise Catholique est le pasteur luthérien Sten Sandmark en Suède. Il voulait, depuis des années, retrouver la vérité catholique, les saints, la vraie sainte messe, mais il ne voulait pas retourner à une Eglise où il retrouverait les mêmes abus qu’il détestait de plus en plus chez les Luthériens suédois, comme le laxisme moral, le brouillard doctrinal et le relativisme suicidaire. Dieu a voulu qu’il rencontrât l’abbé Schmidberger de la FSSPX, ce qui l’a motivé à retourner en 2006 à l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique. En 2013 il y est prêtre, missionnaire catholique dans son propre pays, dans sa propre ville. Quelle différence avec le défaitisme, pourtant éclairé, de Magdi Allam !

-  O.A.M.D.G.  - 



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