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RU 39/2011 - AUTRICHE, VILLEPREUX/VERSAILLES


AUTRICHE (ru, 3 octobre 2011). – En Autriche la contestation dans l’Eglise arrive à des confrontations extrêmes. 300 prêtres et diacres ont signé un ultimatum à l’Eglise, en exigeant le mariage des prêtres, des femmes prêtres, la communion des divorcés, l’intercommunion avec les Protestants etc. Tout juste qu’ils ne demandent pas (encore) des évêques – ou évêquesses – homosexuels ou le mariage des homosexuels, comme c’est le cas en Suède chez les Luthériens. Le cardinal Schönborn de Vienne a clairement fait savoir qu’il ne peut accepter ces demandes de son clergé dissident, car elles changeraient la doctrine et la discipline de l’Eglise. Il a également averti que leur « appel à la désobéissance » pouvait conduire à des conflits graves et à un schisme dans l’Eglise. Le cardinal a fermement réaffirmé la doctrine de l’Eglise sur le célibat sacerdotal, en limitant l’ordination aux hommes et en préservant le mariage comme un engagement à vie. Il a terminé avec un appel : « Je compte sur le dialogue et la coopération ». Bonne chance ! En réponse les dissidents les plus extrémistes ont répondu : « Nous sommes la voix de l’Eglise pour protester contre l’archevêque ». Hans-Peter Hurka, 60 ans, chef du groupe de la soit-dite réforme catholique, a déclaré au journal Der Standard la semaine dernière : « Nous sommes maintenant vraiment déterminés à mettre le gaz ». « C’est comme en Egypte. Il y aura une révolution des gens d’Eglise en Autriche ; nous transformerons la place St Etienne (devant la cathédrale de Vienne) en place Tahrir », a déclaré un autre militant, Anton Aschleitner. - Mais la doctrine défendue par le pape Benoît XVI et le cardinal Schönborn n’est pas leur opinion personnelle ou politique qui pourrait évoluer en raison de pressions politiques ou de groupes d’influence, c’est l’enseignement apostolique de l’Eglise reçu des apôtres et transmis au fil des siècles. Face à ces ultralibéraux « catholiques », il faut se rappeler que le phénomène n’est pas nouveau en Autriche. Déjà sous Joseph II se déchaînait le libéralisme sectaire et des Catholiques authentiques ont été persécutés par l’empereur et son entourage. Quant au cardinal Schönborn, il a lui-même ses pieds englués dans ces fumées libérales, pas seulement vis-à-vis de son prédécesseur de tendance plutôt traditionnelle à Vienne, le cardinal Hans Hermann Gröer, qui fut accusé, probablement à tort, d’avoir eu des mœurs pédophiles, ceci en vue de l’éliminer, mais aussi par la position hostile du cardinal Schönborn envers la Tradition dans l’Eglise, notamment la Fraternité Saint Pie X . Il a déclaré en janvier 2009 sur la télévision autrichienne ZIB (http://gloria.tv/?media=20511): « Tant que les 4 évêques de la FSSPX, après leur départ ( sic !) de l’Eglise il y a 20 ans, n’acceptent pas sans équivoque le Concile Vatican II, il n’y aura nécessairement aucun accord ». Il se sent donc au-dessus du pape pour décider les choses ainsi. Grâce à dieu il y a dans l’Eglise pas seulement des prélats, mais l’Esprit Saint qui la conduit et la conduira. Amen.

VILLEPREUX/VERSAILLES (ru, 3 octobre 2011). - A l’occasion de la fête des associations de la Tradition catholique, Mgr Fellay, Supérieur de la FSSPX, a donné une conférence le 1 octobre, sur les relations entre Rome et la Fraternité. C’est un moment crucial pour la Fraternité, puisque le 14 septembre, au bout de 3 années de discussions théologiques, le cardinal Levada leur avait remis pour signature un protocole doctrinal, appelé « préambule », qui a sous certains aspects l’air d’un ultimatum. On comprend que pour le cardinal c’est cela ou rien pour être « pleinement intégrés » dans l’Eglise. Naturellement Mgr Fellay qui a convoqué pour le 7 octobre à Rome tous ses supérieurs de district du monde pour en discuter, ne pouvait rien dire de définitif à cet auditoire. Par contre il a évoqué un certain nombre d’arguments qui pourraient être pris en considération. D’abord l’état actuel absolument lamentable - désespéré si l’on ne regarde qu’avec les yeux humains - de l’Eglise. Le manque de vocations devient catastrophique. Seulement une centaine de nouveaux prêtres cette année, pour tous les diocèses français réunis ! Il a cité un diocèse de France qui avait 700 paroisses et qui a été réorganisé pour n’en avoir plus que 70, « afin que chacune de ces paroisses puissent avoir un prêtre ». Mgr Fellay évoqua la difficulté pour certains fidèles de se trouver ainsi le dimanche à 50 km du prochain lieu de messe. L’âge moyen des prêtres, dit-on, était l’an dernier de 70 ans, et cette année de 71 ans. A ce rythme-là, sous 10 ans, l’âge moyen des prêtres sera de 80 ans, les vocations si clairsemées n’arrivant pas à renverser cette course vers la disparition des prêtres catholiques en France. Concernant le « préambule », Mgr Fellay tenait à rappeler l’historique de cette question. Il se souvenait que la Fraternité avait au début demandé plusieurs conditions « pour retrouver la confiance envers Rome » : la réintroduction de l’ancienne messe dite Saint Pie V pour tous les prêtres du monde, l’annulation des excommunications des 4 évêques de la Fraternité St Pie X, et la mise en place d’une commission théologique pour discuter des erreurs introduites dans l’Eglise par le Concile Vatican II. Mgr Fellay n’a pas continué cette réflexion devant son auditoire, mais on peut logiquement cogiter la suite : toutes ces conditions ont été remplies, mais est-ce que ce fut assez pour donner confiance envers Rome ? Rien qu’en pensant au rejet total manifesté, aujourd’hui plus que jamais, par l’ensemble des évêques allemands et français face à la Fraternité, on comprend la gravité de la question de confiance. Déjà une fois le cardinal Ratzinger, il y a plus que 20 ans, avait obtenu la signature de Mgr Lefèbvre sous un accord similaire, mais le lendemain Mgr Lefèbvre s’est senti obligé de retirer sa signature craignant une ruse du Vatican. Cette ambiguïté vaticane n’est sûrement pas absente du «préambule » tout fraîchement élaboré par le même dicastère romain, c’est-à-dire la Congrégation de la Foi . Mais Mgr Fellay a également mentionné qu’il ne faut pas non plus laisser le pape tout seul, perdu entre les Modernistes qui veulent détruire l’Eglise de l’intérieur. Tous ces arguments sont à peser et à cogiter avant de donner une réponse au cardinal Levada, une tâche difficile et délicate. - On pourrait considérer que les négociateurs des deux côtés n’étaient quand-même pas bien avisés en se manœuvrant ainsi dans un cul de sac qui, à vue humaine, débouchera nécessairement, après le moindre accord, à de très graves dissensions, aussi bien dans le camp du Vatican que dans celui de la Fraternité. Pourquoi n’a-t-on pas préféré le statu quo en continuant tranquillement et patiemment les discussions théologiques , en attendant des jours meilleurs ? Pour nous pauvres laïques, il reste une arme puissante : la prière du rosaire en ce mois d’Octobre, sachant que la T.S. Vierge Marie écrasera de son talon toute fumée de Satan, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Eglise. C’était d’ailleurs le thème du sermon que Mgr Fellay a prononcé le lendemain, dimanche 2 octobre, à Villepreux sur les anges et la prière du rosaire. En fait, ne sommes-nous pas en pleine bataille Lépante II ?

- O.A.M.D.G. -




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