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RU 27/2011 - +OTTO VON HABSBOURG


OTTO VON HABSBURG (ru, 11 juillet 2011). – Un évènement majeur vient de faire vibrer les pays de langue allemande, loin des média français et malheureusement – disons le – de l’intérêt même des Français : le célèbre fils du bienheureux Charles I, dernier empereur d’Autriche-Hongrie, et de l’impératrice Zita, Otto von Habsbourg, est décédé le 4 juillet à Pöcking près de Munich, à l’âge de 98 ans. Dans son portefeuille se trouvaient 5 passeports : de l’Autriche, Hongrie, Allemagne et Croatie, et surtout un passeport diplomatique espagnol très usé, petit indice d’une vie fort mouvementée. Son titre officiel entier était le suivant : « Son Altesse Impériale et Royale Franz-Joseph-Otto-Robert-Maria-Anton-Karl-Max-Heinrich-Sixtus-Xaver-Felix-Renatus-Ludwig-Gaetan-Pius-Ignatius Prince Impériale, Archiduc d’Autriche, Prince Royale de Hongrie ».Grâce à l’excellente éducation reçue de sa mère l’impératrice Zita, il savait parfaitement l’allemand, le hongrois, le croate, le français, l’anglais, l’espagnol et le latin (sans mentionner des dialectes comme le bavarois, l’américain et d’autres). Il avait vécu en Autriche jusqu’à l’âge de 7 ans (en 1919), Suisse (jusque 1921), Portugal (en exil jusque 1922), Espagne (jusque 1930), Belgique (diplômes universitaires, jusque1940), Etats Unis (pendant la guerre, jusque 1944), France (jusque 1951), de nouveau en Espagne (jusque 1954) et finalement en Bavière/Allemagne où il est mort. En 1951 ils s’était marié à Nancy avec Regina Princesse de Saxe-Meiningen (+2010) avec laquelle il avait 7 enfants, puis 22 petits enfants et 2 arrière-petits-enfants. En Bavière il habitait avec sa famille sur le lac de Starnberg dans une villa construite en 1870 par un chanteur d’opéra sous le nom « Villa Australia » et qu’il avait rebaptisée « Villa Austria ». Enfin c’était un personnage exceptionnel. Si les choses s’étaient passées suivant les souhaits de Dieu, nous aurions peut-être perdu ce 4 juillet non pas un simple député de la CSU/CDU allemande habitant prosaïquement dans une petite ville bavaroise, mais l’empereur de l’Autriche-Hongrie et – pourquoi pas – de l’Europe Chrétienne résidant au château de Vienne. Mais l’histoire n’a pas pris ce chemin-là. Des requiems sont actuellement célébrés à Munich ainsi qu’à Mariazell en Autriche, durant un deuil national de 13 jours déclaré en plusieurs pays de l’ancien Empire; la dépouille de Otto de Habsbourg sera déposée dans la grotte des Capucins à Vienne, là où reposent la plupart des empereurs de la dynastie Habsbourg.

Benoît XVI a adressé le message suivant à la famille Habsbourg-Lorraine (traduction assurée par nous) :
« A SON ALTESSE ROYALE l’Archiduc Charles d'Autriche. Avec une profonde sympathie j'ai pris connaissance du décès de Votre père Son Altesse Impériale et Royale l’Archiduc-OTTO von Habsbourg. En cet instant de deuil sur cette perte douloureuse je m’unis à Vous et à toute la famille impériale dans la prière pour le défunt. Pendant sa vie longue et remplie l’Archiduc Otto est devenu un témoin de l’histoire souvent changeante de l’Europe. En responsabilité devant Dieu et en connaissance de son patrimoine important il s’est engagé en grand Européen sans relâche pour la paix et la vie commune entre les peuples et un ordre juste sur ce continent. Que Dieu le Seigneur le récompense amplement pour son activité multiple pour le bien de l’homme et qu’Il lui donne la vie en plénitude en son Royaume céleste. Sur l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie j’accorde aux membres de famille et à tous qui portent le deuil pour l’Archiduc Otto et prient pour son salut éternel, de tout cœur la Bénédiction Apostolique. «

Comme le laisse entendre le Saint Père, sa vie avait beaucoup de facettes.
Parlons d’abord de ce qui se dessine comme nettement positif :
- Depuis les années 1930 il a participé, et plus tard présidé, sous une orientation chrétienne-monarchiste, à la Paneuropa Union qui devait œuvrer pour l’unification de l’Europe Chrétienne.
- Il a lutté avec engagement contre Hitler, le national-socialisme et le communisme. Ainsi il s’était proposé en 1938 au président autrichien Schuschnigg comme chancelier pour pouvoir organiser la résistance militaire contre l’invasion probable allemande en Autriche – en vain.
- En politique il se considérait comme « un outil de Dieu ».
- Encore en 2008 il déclara en public que l’Autriche fut « la première victime de Hitler », innocentant ainsi son pays de toute coresponsabilité. Pour lui les foules applaudissant l’armée allemande sur le Heldenplatz à Vienne en mars 1938 n’auraient rien d’anormal, si l’on considère ce qui se passe aujourd’hui dans tous les stades de foot à l’arrivée de n’importe quelle équipe.
- Il se désignait lui-même comme légitimiste (même s’il dût signer en 1961 l’abandon de son droit de succession pour pouvoir de nouveau venir en Autriche après son exil en USA).
- Il fut un grand ami du général Franco en Espagne auquel il procura en 1952 la médaille en or de l’abbaye de Mariazell, le plus célèbre sanctuaire marial d’Autriche.
- Le « piquenique paneuropéen » qu’il organisa le 19 août 1989 à la frontière hongroise, du côté hongrois, fut universellement interprété comme le début immédiat de la chute du Rideau de Fer, ouvrant la porte vers l’Autriche à 661 est-allemands qui faisaient leurs vacances en Hongrie.
- Il était très proche du Vatican, ami de tous les papes de son époque, et était connu comme un des pourvoyeurs discrets de la trésorerie du Siège Apostolique.
- Son mouvement principal, l’association Paneuropa-Union dont il fut longtemps le président, bien que fixée sur l’idéal d’une Europe fédérale monobloc, insistait toujours sur la nécessité d’une base chrétienne de l’Europe, avec une référence claire à Dieu, ce qui impliquait une dénonciation claire du communisme et du national-socialisme, voire du socialisme tout court.
- Face à l’Union Européenne il pensait que le drapeau européen ressemblerait plutôt à l’emblème d’un supermarché qui ne pourrait jamais remplacer la Croix sous laquelle l’Europe serait née et sans laquelle elle ne pourrait jamais vivre.
- Face à l’Amérique va-t-en guerre en Irak, il expliqua dans une interview en 2002 que la politique intérieure américaine serait partagée en deux moitiés : d’un côté un Ministère de la Défense occupée dans ses positions clé par des Juifs – « aujourd’hui une institution juive » -, et de l’autre côté un Département d’Etat occupé par des Noirs comme Colin Powell et Condolezza Rice ; par contre les Anglo-Saxons – donc les Américains blancs – n’y joueraient « presque aucun rôle ».
- Encore au printemps 2009 il fut un des premiers signataires de la déclaration publique contre les associations lesbiennes et homosexuelles et leurs aspirations totalitaires.

Négativement il faut malheureusement citer les faits suivants :
- Il signa le 31 mai 1961 – contre l’avis de sa mère l’impératrice Zita - un papier qu’il renoncerait à ses droits de succession sur le trône et à ses titres de noblesse, et qu’il « quitte » même la maison Habsbourg-Lorraine, rien que pour pouvoir de nouveau fouler le sol autrichien (en 1966) qui lui était interdit depuis la mise en exil de sa famille en 1919. On connaît aussi son point de vue que pour l’avenir tout système politique serait le bienvenu SAUF la monarchie austro-hongroise.
- Il était en faveur du général de Gaulle.
- Il a commis une mutation totale d’un monarchiste pur vers un républicain pur : « La meilleure forme d’état est l’état constitutionnel » (la République), déclara-t il au Neue Kurier en 1958.
- Il fut député européen pour la CSU/CDU de 1979 à 1999 au parlement européen confédéraliste et oublieux de Dieu.
- Son fils aîné Charles, né en 1961 et aujourd’hui chef de la maison Habsburg-Lorraine, s’était marié en 1993 avec Francesca Thyssen-Bornemisza de Kászon ; leur mariage fut béni par 3 enfants dont un fils, mais depuis 2003 ils vivent séparés… Où est passé l’Europe Chrétienne ?

Cet homme extraordinaire – mais pas exemplaire – a vu passer devant ses yeux
- la disparition de l’Empire catholique multiséculaire des Habsbourg après la 1ère Guerre Mondiale,
- la disparition des pays comme l’Autriche, la Hongrie, l’Allemagne et d’autres grands pays dans l’immense melting pot de l’Union Européenne qui lui dicte désormais ses règles économiques et fiscales, voire morales ou plutôt immorales,
- un déclin spectaculaire de l’Eglise Catholique dans tous ces pays,
- la dépravation généralisée des mœurs,
- le chômage par millions (4 millions rien qu’en France !), la paupérisation générale, l’endettement monstrueux des états européens, petits et grands, menant tout droit vers l’abîme économique,
- l’avortement génocidaire et suicidaire de l’Europe, sans oublier son Islamisation galopante…

Vu les résultats, le bilan de cette vie remplie de compromis serait-il plutôt négatif? Que l’on nous permette de le dire avant même la sépulture de ce grand témoin – et sa béatification...

- O.A.M.D.G. -



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