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Rapport du pélé "en Turquie terre chrétienne" (14 - 29 sept.2008)


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TURQUIE: RU a interviewé un participant au pèlerinage UNEC « en Turquie terre chrétienne » qui s’est déroulé du 14 au 29 septembre.

- RU : Vous venez de rentrer de Turquie. Sachant que ce pays est à 99 % musulman, n’est-ce pas un contresens d’y « péleriner » ?

- WW : En fait, ce ne sont que les Turcs qui sont musulmans, et non pas la sainte terre de Turquie. Tout y parle du christianisme passé, cette terre étant comme BAPTISEE par les premiers ermites et moines de l’histoire chrétienne, notamment au Tur Abdin dans le sud-est du pays ; comme CONFIRMEE par le sang des martyrs sous les persécutions juives, romaines et plus tard musulmanes, quand les chrétiens se sont retirés en grand nombre dans les sous-sols et caves de la Cappadoce ; comme GLORIFIEE par les admirables églises et monastères - souvent décorés de fresques extraordinaires – des premiers siècles chrétiens, jusqu’à ce que la chape de plomb de l’Islam les couvre ou anéantisse ; comme ASSIMILEE A LA PASSION du Christ jusque dans les temps modernes qui ont vu le génocide des Arméniens chrétiens dans l’est du pays, et aujourd’hui la persécution et l’assassinat des derniers Chrétiens qui bravent encore le tsunami islamique sur leur propre sol sacré. Notre pèlerinage se voulait donc un acte de souvenir, d’assistance et de défi.

- RU : défi ?

- WW : Oui. Depuis 2000 ans les Chrétiens sont chez eux en Turquie, et nous l’avons fait savoir. Déjà avant de partir nous avions informé l’ambassadeur turc à Paris que nous voulions célébrer la sainte messe dans la Hagia Sophia à Istanbul (6e siècle), dans la grandiose cathédrale (Xe siècle) qui est restée miraculeusement debout dans le cimetière d’églises d’Ani, tout près de l’Arménie, et dans l’admirable cathédrale byzantine Aya Sofia à Trabzonde (XIIIe siècle) sur la Mer Noire. En dépit de l’avis négatif de l’ambassadeur, nous avons réussi à prier et même célébrer la sainte messe (dans l’ancien rite) dans plusieurs anciennes églises et ruines d’églises, le plus souvent transformées en mosquée ou musée. A notre grande joie, certains ont bien compris notre démarche, tel cet imam dans un village reclus qui nous a aimablement fourni la clef pour pénétrer dans une très ancienne église pour y célébrer la messe. Ainsi nous avons pu tisser un saint voile de 14 messes sur l’ensemble de la Turquie, de l’ouest à l’est, du nord au sud (3700 km en autocar), pour arroser de grâces nouvelles cette vieille terre chrétienne devenue aride.

- RU : Avez-vous pu rencontrer des Chrétiens en Turquie ?

- WW : Oui A Constantinople (que les Turcs ont rebaptisé Istanbul) nous avons pu rencontrer le curé de la paroisse catholique St. Louis et un haut représentant du patriarcat arménien, à Ankara le nonce apostolique du Vatican, et à Trabzonde le responsable de la paroisse Sainte Marie, là où en février 2006 le curé Andrea Santoro, missionnaire italien, avait été assassiné au cri de « Allah est grand «  pendant qu’il priait sur le dernier banc de son église. Notre aumônier a pu célébrer un requiem pour le repos de l’âme de ce martyre dans cette église. D’autre part nous avions entre nos 17 pèlerins un rescapé araméen dont la famille a dû fuir la Turquie de l’est. Il nous a fait comprendre le terrible sort des Chrétiens sous l’Islam turc, ancien et moderne.

- RU : Qu’est-ce que le nonce vous a dit ?

- WW : C’est un italien, Mgr. Lucibello, aimable et accueillant. Il poursuit la stratégie vaticane de favoriser d’abord la progrès de la laïcité, avant tout pensée à une éventuelle re-évangélisation. Cela nous semblait très pusillanime, voire dangereux. Nous avons pu dire au nonce que c’était, à notre sens, son devoir de négocier clocher contre minaret avec les autorités turques, sachant que ceux-ci construisent par exemple en Allemagne autant de mosquées qu’ils veulent, sans accorder une seule autorisation de construction d’église en Turquie. Vous voyez, la discussion avec le nonce fut vive, et peut-être productive.

- RU : Est-ce qu’il y a encore des Chrétiens dans l’est de la Turquie ?

- WW : Non. Ils ont tous été assassinés ou chassés, à part quelques dizaines de Chrétiens qui se maintiennent encore au Tur Abdin, une région que nous ne pouvions malheureusement pas visiter en raison des mouvements militaires actuels (Kurdistan). La dernière église catholique ouverte dans l’est du pays est celle de Trabzonde sur la Mer Noire. Ailleurs, plus rien. Et même à Trabzonde il n’y a plus de prêtre résident. Ani était pendant des siècles la capitale de l’Arménie chrétienne : aujourd’hui c’est un charnier d’églises dont les ruines se dressent sur 10 km2 comme des doigts vers le ciel, dans un immense champ de pierres où n’habite plus personne. Un de nos pèlerins s’est exclamé : « Et si c’était l’aspect de Paris dans quelques décennies ? » Terrible interrogation, pourtant réaliste.

- RU : Voyez-vous une menace turque pour le christianisme européen ?

- WW : Oui. Leur Islam est vif, agressif et revendicateur. Pas seulement les muezzins vous réveillent chaque nuit entre 3 et 4 heures « pour prier Allah » - où est la « laïcité » ? - , mais toute la jeunesse turque semble adhérer à l’idée d’un Islam moderne, même s’il n’y a que 12 à 15 % de jeunes qui veulent l’introduction de la Chariah.

- RU : Voyez-vous une stratégie chrétienne contre l’Islam après votre pèlerinage en Turquie ?

- WW : Il n’y plus de stratégie chrétienne depuis les croisés. Un archevêque nous avait dit un jour, à Amman en Jordanie, que l’Islam a envoûté le cœur des ces pays, surtout celui des hommes. C’est la religion de la violence masculine, voire son paradis. Comment venir au secours de ces hommes et femmes ? Jésus nous enseigne : « Ce genre de démons, on ne les chasse qu’avec le jeûne et la prière », une manière de dire que c’est Dieu seul qui s’en occupera, à condition toutefois de le lui demander avec ferveur et engagement personnel. C’est ce que nous avons essayé de faire pendant notre pèlerinage en Turquie terre chrétienne, et c’est ce que nous continuerons à faire. Jusqu’au jour présent, tous les royaumes néfastes sont tombés, la Turquie anti-chrétienne tombera également. En attendant, il serait très dangereux d’intégrer la Turquie dans l’Union Européenne, elle pourrait empoisonner définitivement le christianisme encore résistant en Occident. Nous n’avons pas le même Dieu, ou – comme le dit Benoît XVI plus poliment – pas la même culture. (Pour mémoire : la Turquie OUI, les Turcs NON !).

- RU : un dernier mot ?

- WW : nous avons vu l’image de la Très Sainte Vierge Marie sur tant de fresques et peintures dans les ruines d’églises en Turquie, voire dans la plus vénérable d’entre elles, la Hagia Sophia, mais aussi en Cappadoce, à Akthamar, à Ani, dans les montagnes ex-géorgiennes et à Trabzonde. Comment pourrait-elle oublier tant de vénération et d’amour de la part des Chrétiens qui y ont vécu ? C’est impossible. Elle a sa stratégie, mais nous ne la connaissons pas. Elle vaincra en foulant les ennemis du Christ de son talon, et nous lui faisons confiance. – (ru)

 

- - O.A.M.D.G. - -



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