RU 37/2013 - LETTRE AU PAPE FRANCOIS
LETTRE AU PAPE FRANCOIS (ru 37/2013, 16
sept. 2013). - Voici le texte entier
de la lettre ouverte du 30 août 2013 au pape par l’abbé Pagès, ancien
missionnaire en terres islamiques, prêtre du diocèse de Paris. Vous trouverez
le texte complété par ses très nombreuses références sur http://www.islam-et-verite.com/blog/billets-d-humeur/lettre-ouverte-au-pape-francois-au-sujet-de-son-message-aux-musulmans-pour-la-fin-du-ramadan.html « Très
Saint Père, loué soit Notre Seigneur Jésus-Christ qui vous a confié la mission
de conduire son Église ! Permettez-moi au nom de nombreuses personnes choquées par
votre lettre aux musulmans à l’occasion de l’Id al-Fitr, et en vertu du canon 212 § 3, de
vous faire part des réflexions de cette Lettre ouverte. En saluant avec « un grand plaisir » les musulmans à l’occasion du ramadan
considéré comme un temps consacré « au
jeûne, à la prière et à l’aumône », vous semblez ignorer que le
jeûne du ramadan est tel que « le
chariot moyen d’une famille qui fait le ramadan augmente de 30 % »,
que l’aumône musulmane est à destination des seuls musulmans nécessiteux, et
que la prière musulmane consiste à notamment rejeter cinq fois par jour la Foi
en la Trinité et en Jésus-Christ, à demander la faveur de ne pas suivre le
chemin des égarés que sont les chrétiens... De plus, durant le ramadan, la
délinquance augmente de façon vertigineuse. Y a-t-il réellement en ces
pratiques quelque motif d’éloge possible ? Votre lettre affirme que nous devons avoir de l’estime pour
les musulmans et « spécialement
envers leurs chefs religieux », mais vous ne dites pas à quel
titre. Puisque vous vous adressez à eux en tant que musulmans, il s’en suit que
cette estime s’adresse aussi à l’islam. Or, qu’est-ce que l’islam pour un
chrétien, sinon, puisqu’« il nie
le Père et le Fils », un des Antichrist les plus puissants qui
soient, en nombre et en violence ? Comment peut-on estimer à la fois le Christ
et ce qui s’oppose à Lui ? Votre message note ensuite que « les dimensions de la famille et de la
société sont particulièrement importantes pour les musulmans en cette
période » de ramadan, mais ce qu’il ne dit pas, c’est que le
ramadan sert de formidable moyen de conditionnement social, d’oppression, de
flicage des insoumis au totalitarisme islamique, bref de négation totale du
respect que vous évoquez... Ainsi l’article 222 du Code pénal marocain stipule
que : « Celui qui,
notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt
ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du Ramadan, sans
motif admis par cette religion, est puni de l’emprisonnement d’un à six mois et
à une amende ». Et il ne s’agit que du Maroc… Quels « parallèles »
réussissez-vous à trouver entre « les
dimensions de la famille et de la société musulmane » et « la foi et la pratique chrétiennes »,
puisque le statut de la famille musulmane inclut la polygamie, la répudiation,
l’infériorité ontologique et juridique de la femme, le devoir pour son mari de la
battre à son gré, etc. ? Quel parallèle peut-il y avoir entre la société
musulmane bâtie à la gloire de l’Unique, et qui de ce fait ne peut tolérer
l’altérité ni la liberté, ni non plus en conséquence distinguer les domaines
religieux et spirituel ? « Entre
nous et vous, c’est l’inimitié et la haine à jamais jusqu’à ce que vous croyez
en Allah, seul ! », et la société chrétienne qui, parce que
bâtie à la gloire du Dieu Un et Trine, valorise le respect des légitimes
différences ? A moins qu’il faille entendre par « parallèle »
non ce qui se ressemble et donc s’assemble, mais ce qui au contraire ne se
rejoint jamais ? Auquel cas, l’équivoque sert-elle la clarté de votre
propos ? Vous proposez à vos interlocuteurs de réfléchir à « la promotion du respect mutuel à travers
l’éducation », en laissant croire qu’ils partagent avec vous des
mêmes valeurs d’humanité, de « respect
mutuel ». Mais tel n’est pas le cas. Pour un musulman, il n’y a pas
de nature humaine à laquelle se référer, ni de bien connaissable par la
raison : l’homme et son bien ne sont que ce que le Coran en dit. Or le Coran
apprend aux musulmans que notamment les chrétiens, parce qu’ils sont chrétiens,
« ne sont qu’impureté »,
les « pires de la
création », « plus
vils que des bêtes » … Parce que l’islam est la vraie religion,
qui doit dominer sur toutes les autres, jusqu’à les éradiquer complètement,
ceux qui ne sont pas musulmans ne peuvent qu’être des pervers et des maudits que
les Musulmans doivent combattre sans cesse, par la ruse, la terreur, et toutes
sortes de châtiments comme la décapitation ou la crucifixion en vue de les
éliminer et anéantir définitivement. « Ô vous qui croyez ! Combattez à mort les incroyants qui sont près
de vous et qu'ils trouvent en vous la rudesse… »; « Puisse Allah les maudire ! » … Très
Saint Père, peut-on oublier, lorsque l’on s’adresse à des musulmans, qu’ils ne
sauraient s’aventurer hors du Coran ? Vos appels « à
respecter dans chaque personne, […] tout d’abord sa vie, son intégrité
physique, sa dignité avec les droits qui en découlent, sa réputation, son
patrimoine, son identité ethnique et culturelle, ses idées et ses choix
politiques. » ne sauraient infléchir les dispositions données par
Allah, qui sont immuables, et dont je viens d’énumérer certains d’entre elles.
Mais s’il faut respecter d’autrui « ses
idées et ses choix politiques », comment s’opposer alors à la
lapidation, à l’amputation et à toutes sortes d’autres pratiques abominables
commandées par la charia ?
Votre beau discours ne peut pas émouvoir les musulmans : ils n’ont pas de
leçon à recevoir de nous qui ne sommes « qu’impureté ». Et si cependant ils vous en félicitent,
comme l’ont fait ceux d’Italie, c’est parce que la politique du Saint-Siège
sert grandement leurs intérêts en faisant passer leur religion pour respectable
aux yeux du monde, faisant croire qu’elle les conduit à considérer les valeurs
universelles que vous préconisez… Ils vous féliciteront tant qu’ils seront,
comme en Italie, en situation minoritaire. Mais lorsqu’ils ne le seront plus,
arrivera ce qui arrive partout où ils sont majoritaires : tout groupe
non-musulman doit disparaître ou payer la jyzaia pour racheter son droit de survivre. Vous ne pouvez
ignorer cela, mais comment pouvez-vous, en le cachant alors aux yeux du monde,
favoriser l’expansion de l’islam auprès des innocents ou naïfs ainsi
abusés ? Peut-être regardez-vous les compliments qui vous ont été adressés
comme un gage de fécondité de votre attitude ? Vous ignoreriez alors le
principe de la takyia, commandant
d’embrasser la main que le musulman ne peut couper. Mais que valent au fond de
tels échanges de politesse ? Saint Paul ne disait-il pas : « Si je cherchais à plaire aux hommes, je ne
serai plus le serviteur du Christ. »? Jésus a annoncé comme maudits
ceux qui sont l’objet de la louange de tous. Mais si même vos ennemis naturels
vous louent, qui ne vous louera pas ? La mission de l’Église est-elle
d’enseigner les bonnes manières de vivre en société ? Saint Jean-Baptiste
serait-il mort s’il s’était contenté de souhaiter une belle fête à
Hérode ? Peut-être dira-t-on qu’il n’y a pas de comparaison possible avec
Hérode, parce qu’Hérode vivait dans le péché et que c’était du devoir d’un
prophète de dénoncer le péché ? Mais si tout chrétien est devenu prophète
le jour de son baptême, et si le péché est de ne pas croire en Jésus, Fils de
Dieu Sauveur, ce dont se fait précisément gloire l’Islam, comment un chrétien
pourrait-il ne pas dénoncer le péché qu’est l’islam et appeler à la conversion
« à temps et à contretemps »?
Puisque la raison d’être de l’Islam est de remplacer le christianisme qui
aurait perverti la révélation du pur monothéisme par la foi en la Sainte
Trinité, en sorte que Jésus ne serait pas Dieu, qu’Il ne serait ni mort, ni
ressuscité, qu’il n’y aurait pas de Rédemption, et que Son œuvre est ainsi
réduite à néant, comment ne pas dénoncer l’Islam comme l’Imposteur annoncé et
le prédateur par excellence de l’Église ? Au lieu de chasser le loup, la
diplomatie vaticane donne l’impression de préférer le nourrir de ses
flatteries, et de ne pas voir qu’il n’attend que d’être suffisamment engraissé
pour faire ce qu’il fait partout où il est devenu suffisamment fort et
vigoureux. Faut-il rappeler le martyre que vivent les chrétiens en Égypte, au
Pakistan et partout où l’Islam est au pouvoir ? Comment le Saint-Siège
pourra-t-il porter la responsabilité de cautionner l’islam en le présentant
comme un agneau, alors qu’il est un loup qui se déguise en agneau ? A
Akita, la Vierge Marie nous a prévenus : « Le Démon s’introduira dans l’Église car elle sera pleine de ceux qui
acceptent les compromis. »… Très saint Père, comment votre lettre peut-elle affirmer
que : « notamment entre
chrétiens et musulmans, ce que nous sommes appelés à respecter c’est la
religion de l’autre, ses enseignements, ses symboles et ses
valeurs. » ? Comment peut-on respecter l’islam, qui blasphème
continuellement la Sainte Trinité et Notre Seigneur Jésus-Christ, accuse
l’Église d’avoir falsifié l’Evangile et cherche à la supplanter ? Est-ce que saint Irénée, qui a
écrit « Contre les hérésies »,
saint Jean Damascène, qui a écrit « Des
hérésies » où il relève « maintes absurdités si risibles rapportés dans le Coran »,
saint Thomas d’Aquin, avec sa « Somme
contre les Gentils » ,
et tous les Saints qui se sont employés à critiquer les fausses religions,
n’étaient donc pas chrétiens pour que vous condamniez aujourd’hui rétrospectivement
leur action, comme aussi celle des quelques rares apologètes
contemporains ? Du champ de coopération de la raison et de la foi, si
encouragée par Benoît XVI, devrait être exclu le fait religieux ? Si l’on
suit l’appel formulé par votre lettre, Saint-Père,
il faut alors demander avec l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) à la
condamnation partout dans le monde de toute critique de l’Islam, et ainsi
coopérer avec l’OCI à répandre l’islam, qui enseigne, je le répète, que le
christianisme étant corrompu, l’islam vient le remplacer… Pourquoi vouloir avec
l’OCI museler l’apologétique chrétienne ? Aussi vrai que l’on ne sème pas dans des ronces mais que
l’on commence par les arracher avant que de pouvoir semer, il en est ainsi que
l’on ne peut annoncer la Bonne Nouvelle de son salut à une âme musulmane tant
elle est vaccinée, immunisée, dès sa prime enfance contre la Foi chrétienne,
remplie de préjugés, de calomnies et de toutes sortes de faussetés au sujet du
Christianisme. Il faut donc nécessairement commencer par critiquer l’Islam, « ses enseignements, ses symboles et ses
valeurs », pour détruire en elle les contrevérités qui la rendent
ennemie du christianisme. Saint Paul ne demande pas d’utiliser seulement
« les armes défensives de la
justice » mais
aussi « les armes offensives ».
Où sont ces dernières dans la vie de l’Église d’aujourd’hui ? Oh, certes, s’associer à la joie de braves gens ignorants
la Volonté de Dieu et leur souhaiter un bon ramadan ne semble pas être une
mauvaise chose en soi, tout comme le pensait saint Pierre de la légitimation
qu’il donnait des usages juifs… sous la peur, déjà, des proto-musulmans,
qu’étaient les judéo-nazaréens ! Mais saint Paul l’en a corrigé devant
tout le monde en lui montrant qu’il y avait plus important à faire que de
chercher à plaire à des faux-frères. Si saint Paul a raison, comment dire qu’il
ne faut pas critiquer « la
religion de l’autre, ses enseignements, ses symboles et ses valeurs » ? En ne voulant pas critiquer l’Islam, votre lettre justifie
notamment les évêques qui vont poser la première pierre des mosquées, ce qu’ils
font eux-aussi par courtoisie, par souci de plaire à tout le monde et favoriser
la paix civile. Lorsque demain leurs fidèles seront devenus musulmans, ceux-ci
pourront dire que c’est leur évêque qui, au lieu de les en garder, leur aura
montré le chemin de la mosquée… Et ils pourront dire aussi la même chose au sujet
du Saint-Siège, puisqu’il leur aura appris à ne pas penser la vérité au sujet
de l’islam, mais à l’honorer comme étant bon et respectable en soi… Votre lettre justifie vos vœux de bonne fête de ramadan en
affirmant qu’« Il est clair que,
quand nous montrons du respect pour la religion de l’autre ou lorsque nous lui
offrons nos vœux à l’occasion d’une fête religieuse, nous cherchons simplement
à partager sa joie sans qu’il s’agisse pour autant de faire référence au
contenu de ses convictions religieuses. » Comment se réjouir
d’une joie qui glorifie l’islam ? L’attitude que vous préconisez, Très
Saint-Père, s’accorde-t-elle avec le commandement de Jésus : « Que votre langage soit ‘Oui ? oui’,
‘Non ? non’ : ce qu’on dit de plus vient du mauvais. »?
Et même si l’on pourrait croire ne pas pécher en souhaitant un bon ramadan en
raison de la restriction mentale niant le lien entre ramadan et islam (une
négation qui montre bien que ce comportement pose tout de même problème), cela
s’accorde-t-il avec la charité pastorale qui veut qu’un pasteur se soucie de la
façon dont son geste est compris par ses interlocuteurs ? En effet, que
peuvent penser les musulmans nous entendant leur souhaiter un bon ramadan,
sinon que soit nous sommes des idiots, incompréhensiblement obtus, à coup sûr
maudits par Allah, pour ne pas devenir nous-mêmes musulmans, puisque nous
reconnaitrions ce faisant que leur religion est non seulement bonne (puisque
capable de leur donner la joie que nous leur souhaitons), mais certainement supérieure
au christianisme (puisque postérieure à celui-ci), soit que nous sommes des
hypocrites n’osant pas leur dire en face ce que nous pensons de leur religion,
ce qui équivaut à reconnaître que nous avons peur d’eux et qu’ils sont donc
déjà devenus nos maîtres ? Peuvent-ils avoir une autre interprétation
s’ils raisonnent en musulmans ? Nombre de musulmans m’ont déjà fait part de leur joie que
vous honoriez leur religion. Comment pourront-ils jamais se convertir si
l’Église les encourage à pratiquer l’islam ? Comment le Saint-Siège
pense-t-il leur annoncer la fausseté de l’islam et le devoir où ils sont de le
quitter pour se sauver en recevant le saint baptême ? Ne favorise-t-il pas
le relativisme religieux pour lequel peu importe ce qui différencie les religions,
ce qui compterait étant seulement ce qu’il y a de bon en l’homme et qui le
sauverait indépendamment de sa religion ? Les premiers chrétiens ont refusé de participer aux
cérémonies civiles de l’Empire romain consistant à faire brûler un peu d’encens
devant une statue de l’Empereur, rite pourtant apparemment tout à fait louable
puisque censé favoriser la coexistence et l’unité des populations si diverses
et des religions si nombreuses de l’immense Empire romain. Les premiers
chrétiens, pour qui la prédication de l’unicité de la seigneurie de Jésus était
plus importante que toute réalité de ce monde, fut-ce celle de l’estime de leur
concitoyens, ont préféré signer de leur sang l’originalité de leur message. Et
si nous aimons notre prochain, quel qu’il soit, musulman compris, en tant qu’il
est un membre de l’espèce humaine comme nous, voulu et aimé de toute éternité
par Dieu, racheté par le Sang de l’Agneau sans tache, Jésus nous a enseigné à
renier tout lien humain s’opposant à Son amour. Au nom de quelle fraternité dès
lors pourrait-on appeler les musulmans « nos frères » (Cf. votre allocution du 29.03.2013) ?
Y-aurait-il une fraternité qui transcenderait toutes les appartenances
humaines, y compris celle de la communion au Christ, rejetée par l’islam, et
qui finalement seule importerait ? La volonté de Dieu, qui est que nous
croyons au Christ, fait que « nous
ne connaissons plus personne selon la chair ». Peut-être la diplomatie vaticane pense-t-elle qu’en taisant
ce qu’est l’Islam elle va épargner la vie des malheureux chrétiens en pays
musulmans ? Non, l’Islam continuera à les persécuter, et ce d’autant plus
qu’il verra que rien ne s’oppose à lui, et parce que telle est sa raison d’être.
Ces chrétiens, comme tous les chrétiens, n’attendent-ils pas plutôt que vous
leur rappeliez que tel est le lot ici-bas de tout disciple du Christ que d’être
persécuté à cause de Son Nom et que c’est une grâce insigne dont il faut savoir
se réjouir ? Jésus nous a commandé de ne rien craindre des tourments de la
persécution, et aux Frères persécutés à cause de notre Foi de se réjouir
de la Huitième Béatitude. Cette joie, n’est-elle pas le meilleur témoignage à
donner ? Quel meilleur service pourrions-nous rendre aux fervents
musulmans ne craignant pas de mourir tant ils sont sûrs d’aller jouir des
Houris qu’Allah leur promet pour prix de leur crimes, que de leur montrer des
chrétiens heureux de donner leur
vie, eux, par pur amour de Dieu et du salut de leur prochain ? Votre
lettre évoque le témoignage de saint François, mais elle ne dit pas que saint
François envoya des Frères évangéliser les musulmans du Maroc, sachant qu’ils y
seraient très probablement martyrisés, ce qui fut effectivement le cas, et
qu’il entreprit d’évangéliser lui-même le Sultan Al Malik Al Kamil. La
charité dénonce le mensonge et appelle à la conversion. Très Saint Père, nous avons du mal à retrouver dans votre
Message aux musulmans l’écho de la charité de Saint Paul commandant :
« Ne formez pas d'attelage
disparate avec des infidèles. Quel rapport en effet entre la justice et
l'impiété ? Quelle union entre la lumière et les ténèbres ? Quelle entente
entre le Christ et Béliar ? Quelle association entre le fidèle et l'infidèle
? », ou celle du doux saint Jean de ne pas accueillir chez nous
quiconque rejette la Foi catholique, de ne pas même le saluer sous peine de
participer à « ses œuvres
mauvaises »… En saluant les musulmans à l’occasion du ramadan, ne
participe-t-on pas à leurs œuvres mauvaises ? Qui haït aujourd’hui jusqu’à
leur tunique ? La doctrine des Apôtres n’est-elle plus d’actualité ? Oui, le concile Vatican II appelle les chrétiens à oublier
le passé, mais cela ne peut vouloir dire autre chose qu’oublier les éventuels
ressentiments dus aux violences et injustices subies tout au long des siècles
par les chrétiens, et pour ce qui nous intéresse, infligés par les musulmans.
Car autrement, oublier le passé, ne serait-ce pas se condamner à revivre les
mêmes malheurs que jadis ? Sans mémoire, peut-il même y avoir
identité ? Sans mémoire, pourrions-nous avoir un avenir ? Très Saint Père, avez-vous lu la Lettre ouverte de M.
Christino Magdi Allam ,
ex-musulman baptisé par Benoît XVI en 2006, par laquelle il annonce quitter
l’Église en raison de la compromission de celle-ci avec l’islamisation de
l’Occident ? Cette lettre est un terrible coup de tonnerre dans le ciel
blafard des lâchetés et tiédeurs ecclésiales, et devrait constituer pour nous
un formidable avertissement ! Très Saint Père, c’est parce que la diplomatie n’est pas
couverte par le charisme de l’infaillibilité, et que votre Message aux musulmans
à l’occasion de la fin du Ramadan n’est pas un acte magistériel, que je prends
la liberté de le critiquer respectueusement et ouvertement. Sans doute
avez-vous considéré qu’avant de parler ‘théologie’ avec les musulmans, il
convenait de disposer d’abord leurs cœurs par un enseignement sur le devoir,
pourtant élémentaire, de respecter autrui. Je tenais à vous dire qu’il nous
semble qu’un tel enseignement devrait se faire en dehors de toute référence à
l’islam, afin d’éviter toute ambigüité à son sujet. Pourquoi pas à
l'occasion de Noël ou de Pâques, voire du Premier de l'An ? Ce n’est
certainement pas sans raison que Benoît XVI avait dissous le Conseil Pontifical
pour le Dialogue interreligieux et en avait transféré les prérogatives au Conseil
Pontifical pour la Culture… Cela étant dit, je renouvelle l’engagement de ma
fidélité à la Chaire de saint Pierre, dans la foi en son infaillible magistère,
ayant le désir de voir tous les catholiques ébranlés dans leur foi par votre
Message aux musulmans à l’occasion de la fin du Ramadan, faire de même. Abbé Guy Pagès , Paris » - O.A.M.D.G. - |